Levy-Patrick Mwanawasa, ou la politique responsable
Le décès du président zambien na laissé personne indifférent. Cétait un « dirigeant et homme dEtat remarquable », qui « a apporté une contribution importante à la stabilité politique, à la construction économique, à la paix régionale et au développement de la Zambie. » Cest par ces mots que la Chine a « pleuré » la disparition de Mwanawasa, adressant ses condoléances au peuple zambien. Les réactions venant du monde sont allées dans le même sens. Le défunt président a mené une bataille anti-corruption et une croisade contre la pauvreté sans précédent. Une corruption entraînée par la crise économique, lexode rural et lessor démographique. Assumant la présidence tournante de la Communauté de développement des Etats de lAfrique australe (SADC), il a été parmi les plus virulents détracteurs de Robert Mugabe, navigant à contre-courant de la majorité des leaders régionaux. En 2007, Mwanawasa avait comparé le Zimbabwe à « un Titanic en train de sombrer. » Au fort de la crise zimbabwéenne en juin dernier, il avait dénoncé le « silence » de ses voisins, malgré les violences dans le pays. Le président français Nicolas Sarkozy a déploré « une grande perte pour le continent africain, qui appréciait son courage politique
Une grande perte pour la démocratie, dont il fut un ardent défenseur tout au long de sa vie. » Décédé à lâge de 59 ans le 19 août dernier, Mwanawasa avait organisé plusieurs manifestations détudiants en soutien à la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud, alors quil était vice-président du Syndicat des étudiants de la Zambie. Avocat à la réputation établie, il laisse une veuve et 6 enfants.