Rétrocédé au Cameroun, Bakassi demeure néanmoins un champ de bataille
La cour internationale de justice de la Haye a reconnu lappartenance de Bakassi au Cameroun avec son arrêt du 10 octobre 2002. Cela na pas empêché de nombreuses attaques contre larmée camerounaise.
Connaîtra-t-on jamais lidentité des insurgés qui ont attaqué les soldats camerounais le 09 juin dernier ? Aucune piste officielle ne dit avec certitude qui se cachait derrière ces attaques, ce dautant que « les enquêtes se poursuivent encore », comme la déclaré le ministre camerounais de la défense, Rémy Ze Meka. Cependant, les rebelles et sécessionnistes du Delta du Niger ont souvent été pointés du doigt, tant au Cameroun quau Nigeria, même sils nont jamais revendiqué une seule attaque sur Bakassi. Ils ont plutôt dirigé leurs soupçons vers larmée nigériane, qui entend sen prendre à larmée camerounaise pour des raisons sans fondements selon lesquelles cette armée simpliquerait dans les transactions darmes destinées au mouvement sécessionniste. Une accusation que dément naturellement formellement le gouvernement fédéral, la considérant comme des « allégations ridicules ». Cest vrai que le mouvement séparatiste na jamais caché son mécontentement face aux accords menant au transfert dautorité sur Bakassi au Cameroun.
Du côté du Cameroun, la presse dans sa majorité, na pas hésité à déclarer que des camerounais sont derrière les dernières attaques. Des noms de hautes personnalités ont souvent été cités, bien quil soit impensable que des camerounais décident dabattre dautres camerounais.
Une succession dattaques
Après larrêt de la CIJ de La Haye du 10 octobre 2002, la première attaque nigériane contre les positions camerounaises a lieu en juin 2005. En ce temps-là, Abuja hésite encore à retirer ses troupes de Bakassi. Le gouvernement camerounais commet un communiqué officiel le 22 juin 2005 et parle « dincidents regrettables qui ont eu lieu « suite à des attaques répétées des forces nigérianes sur les positions camerounaises ». Le président Biya, qui avait décidé de saisir lONU fait un pas en arrière. On pense que, puisque le processus de rétrocession est en cours, le côté nigérian tiendra parole. A la fin, un soldat mort, un blessé grave, et dimportants dégâts matériels attristent la partie camerounaise.
Le 12 novembre 2007, le poste C3, un cantonnement militaire camerounais près de Rio del Rey, dans un village de la crique dIsanguele est attaqué par une centaine dhommes à bord de sept vedettes fluviales. Le bilan est lourd : 21 soldats camerounais tués de même que 10 assaillants non identifiés, et dimportants dégâts matériels.
Alors que le Cameroun prend les dispositions nécessaires pour le transfert total dautorité du 14 août 2008, une autre attaque survient le 09 juin 2008. Dix insurgés et deux soldats camerounais trouvèrent la mort lors de cette attaque. Pour la première fois, larmée camerounaise, les éléments du BIR en tête, réagit avec énergie, au point de capturer huit assaillants, comme lannoncera le ministre de la défense, Rémy Ze Meka devant les cameras de la télévision publique.
Le Cameroun ayant récupéré totalement la presquîle, rien ne dit quune autre attaque ne peut pas avoir lieu. Il serait urgent pour larmée camerounaise de prendre des dispositions constantes pour sécuriser la région, tant il devient éminemment prudent de ne pas enlacer les nigérians, éperdument.
Kadje Kamga